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  • : Récréatives déco, le blog de Franie
  • Récréatives déco, le blog de Franie
  • : Passionnée de loisirs créatifs, ce blog vous fera découvrir au fil de mes publications mes activités, mes créations et toutes ces petites choses qui me tiennent à coeur. Je vous remercie de votre visite.
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  • Franie Bess
  • Je pratique les loisirs créatifs, un peu, beaucoup, passionnément. J'ai découvert en 2010 la carterie et j'essaie de conjuguer cette passion avec mes autres activités.
  • Je pratique les loisirs créatifs, un peu, beaucoup, passionnément. J'ai découvert en 2010 la carterie et j'essaie de conjuguer cette passion avec mes autres activités.

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 21:01

A tous, je souhaite une bonne année pleine de joies, de petits et de grands moments de bonheurs !

Une année de créativité, d'échanges et de partage pour tous les passionnés de loisirs créatifs. Une année de belles rencontres comme j'ai pu en faire depuis que je suis rentrée, par hasard, dans le monde des blogueuses. Je vous remercie de m'avoir suivie depuis le mois d'avril. Merci pour tous vos petits mots qui sont le moteur de ce blog. Et pour débuter cette nouvelle année je vous offre ce poème de Tristan Deréme que je récitais au cours élémentaire. 

  

 Voici la nouvelle année
Souriante, enrubannée,
Qui pour notre destinée,
Par le ciel nous est donnée :
C'est à minuit qu' elle est née.
Les ans naissent à minuit
L'un arrive, l'autre fuit.
Nouvel an ! Joie et bonheur !

Pourquoi ne suis-je sonneur
De cloches, carillonneur,
Pour mieux dire à tout le monde
À ceux qui voguent sur l'onde
Ou qui rient dans leurs maisons,
Tous les vœux que nous faisons
Pour eux, pour toute la Terre
Pour mes amis les enfants
Pour les chasseurs de panthères
Et les dompteurs d'éléphants.

Que cet an nouveau sourit

Même au petit ramoneur !
Que la maison soit fleurie
Des lumières du bonheur

 Tristan Derème (1889-1941)

48649130

 Passez une bonne année, Ré’Créativement, Franie

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 22:35

Coucou tous ! me revoilà ! cette fois pour vous faire découvrir ou redécouvrir un beau texte de Noël ! en cette période de folles courses aux cadeaux? Malgré sa longueur, ce texte mérite que l'on s'y arrête un instant...

 cadre orange de Noel

 Cadre réalisé en serviettage

 

 

"Noël, dans mon enfance, c'était le jour où on me donnait une orange, et c'était un grand événement. Sous la forme de cette pomme d'or, parfaite et brillante, je pensais tenir dans mes mains le bonheur du monde.

Il dut y avoir un temps où je la trouvais le matin au coin du feu ou plutôt au pied du fourneau, mise dans mon soulier par quelque spécial messager du ciel. Mais de ce temps, je me souviens mal. Mes souvenirs ne remontent qu'à une époque où la veillée de Noël n'était pas pour moi moins pleine d'un profond mystère, mais c'était un mystère que déjà j'essayais de penser. J'avais dans les huit ans. Donc, cette nuit-là, il semblait que tout soudain nous fussions devenus magnifiquement riches. On attendait la messe de minuit et, pour passer le temps, on grillait des châtaignes en buvant du cidre avec les voisins. Vers les onze heures, ma mère me donnait quelques sous et m'envoyait acheter une orange et une demi-livre de chocolats mélangés. Et fais bien attention ! me disait-elle. Demande qu'on t'en donne à la crème blanche. Ils sont bien meilleurs.

Je partais comme pour une expédition, comme pour découvrir un nouveau monde. Le monde ne devait-il pas changer cette nuit-là ? Je courais, je volais. J'entends encore le claquement de mes sabots sur les dalles de granit qui bordaient le trottoir. Ah ! dans l'air glacé, quelle étrange ardeur ! C'est peut-être que je n'avais pas souvent l'occasion de sortir à cette heure-là, mais il est bien vrai aussi que tout annonçait un miracle. La nuit était lourde d'un Dieu. La rue, si noire d'ordinaire, était illuminée. Le brouillard autour des réverbères formait comme de grands cercles d'or et des auréoles toutes prêtes pour des hommes d'une nouvelle vertu. Les vitrines des épiciers, des marchands de jouets, des cafés, étaient, parmi les masses d'ombre des maisons, comme autant d'abîmes de lumière. Je passais en frémissant de l'ombre à la clarté.

Je sautais de vitrine en vitrine. Car on pense bien que je ne dilapidais pas sans réflexion cette fortune que je serrais dans ma main fermée. Je réfléchissais, j'examinais, je calculais. Mon trésor ne devait payer que la plus belle orange. Je bondissais chez Fichepoil, courais chez Ealet, revenais encore chez Fichepoil. Qui dira ce que peut être dans un enfant l'intensité du désir et sa certitude de toucher bientôt au bonheur ? C'est ce désir et cette certitude qui ne doivent pas être trompés, et un Dieu naissait cette nuit-là précisément pour les combler.

Je revenais un peu avant minuit portant dans une main une admirable orange enveloppée d'un papier de soie, dans l'autre un sac de chocolats à faveur rose. Alors c'était toujours la même cérémonie : je faisais le tour de la société et distribuais à chacun un chocolat qu'il grignotait du bout des dents, et c'étaient des cris quand quelqu'un avait découvert à l'intérieur la fameuse crème blanche. Ma mère en pâlissait d'envie.

Après cette orgie, les femmes et les enfants s'en allaient à la messe pour assister à la naissance d'un Dieu…Et puis, après une visite à la crèche … nous rentrions à la maison. Le feu était éteint déjà, la fête finie. Il fallait vite aller dormir. Je regardais ma belle orange. Et voici ce qui, rituellement, arrivait : ma mère la tirait de son papier de soie ; tous deux nous en admirions la grosseur, la rondeur, l'éclat ; je prenais dans le buffet un de ces beaux verres à pied en cristal qu'on achetait alors dans les foires, et comme il y en avait deux ou trois, en ce temps-là, en Bretagne, dans presque toutes les maisons ouvrières, mais dont, bien entendu, on ne se servait jamais pour boire, je le renversais, le mettais à droite, au bout de la cheminée, et ma mère posait dessus la belle orange. La pomme d'or prenait ainsi sa place parmi tous nos fétiches, tout près du petit Christ d'argent cloué sur sa croix de buis et de la petite Vierge en faïence, entre le moulin à café et la boîte à sel. Pendant des mois, elle nous assurait par ses belles couleurs que le bonheur et la beauté étaient de ce monde. Quelquefois je la palpais, je la tâtais. Il m'arrivait d'insinuer qu'elle serait bientôt trop mûre.

- Attendons encore ! répondait ma mère. Quand nous l'aurons mangée, qu'est-ce qui nous restera ?

Nous attendions. En avril ou mai, il fallait la jeter, parce qu'elle était gâtée. Je n'ai pas souvenir d'avoir jamais mangé l'orange de Noël.

... Mais toujours, dans ma pensée, la nuit de Noël devra sa grandeur à ces souvenirs que j'ai rapportés, et il m'arrive encore de songer au bonheur comme à une belle orange de Noël qu'il faudrait partager entre tous les hommes pour que réellement ils la mangent."

Jean Guéhenno, Changer la vie, mon enfance et ma jeunesse

 

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